Source : Voix du Nord (8 janvier 2015) -

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Feignies : une minute de silence sur le parvis de la mairie ce jeudi midi -

Des salariés des services administratifs de la mairie de Feignies, mais aussi des personnes de la société civile, anonymes, se sont rassemblés à jeudi midi ce jeudi, dans le hall de la mairie. La mairie, Chantal Lépinoy, a rendu hommage aux douze personnes assassinées et aux personnes « touchées dans leur chair par des fous fanatiques. Ces assassins ont eu une action décriée par toutes les autorités religieuses unies dans un même élan de rejet horrifié », s’est indignée l’élue. La cinquantaine de personnes a ensuite observé une minute de silence, sur le parvis de la mairie, sous une pluie battante, devant le drapeau en berne, certain arborant sur le veston cette affiche « Je suis Charlie ». « On a tous droit à la parole. C’est une drôle de façon de dialoguer avec le fusil », relève Monique, 75 ans, venue spontanément. « Hier soir, j’ai pleuré, confie Jocelyne, 60 ans, enseignante retraitée. C’est un symbole qu’on a essayé d’attendre. Il ne faut pas baisser les bras. Le souci, c’est que certains n’ont pas assez de recul et feront l’amalgame avec la communauté musulmane, alors que la grande majorité est des gens intégrés. J’avais pensé venir avec un brassard, ou faire des badges, quelque chose de symbolique. Vous savez, Hara Kiri, Cabu, c’est toute notre jeunesse. On avait l’impression, qu’il était immortel ». La maire de Feignies a d’ailleurs appelé la population à se rassembler à Maubeuge, samedi, pour « créer un phénomène de masse ».

Jeumont : « Du bruit pour ceux qui sont au service de la liberté d’expression » -

Pompiers, policiers, agents de l’État, municipaux, élus, simples citoyens… Ils étaient nombreux à se rassembler salle Bizet, au centre administratif. Un hommage simple mais extrêmement émouvant, au cours duquel les élus d’opposition et de la majorité ont lu, un à un, les noms des douze victimes de l’attentat barbare contre Charlie Hebdo, ainsi qu’un message appelant à l’unité nationale. « Chacun est libre de ses engagements, politiques, spirituels, associatifs… Je vous invite à ne pas céder à la psychose, nous devons vivre ensemble avec nos différences. La République est plus forte que la peur. Nous sommes touchés dans notre cœur, mais nous sommes debout », a déclaré le maire, Benjamin Saint-Huile, invitant, après une minute de silence, à quitter les lieux et à faire « un maximum de bruit et à applaudir tous ceux qui font vivre et qui sont au service de la liberté d’expression ». « Embrassez-vous, soyez complémentaires. » Bel hommage.

Louvroil : une mise en garde contre les récupérations politiques -

À l’initiative de la maire Annick Mattighello, une petite vingtaine de personnes était réunie face aux monuments aux morts de la ville, ce jeudi matin, peu avant midi. Dans un profond silence, et sous la pluie, ils ont rendu hommage aux victimes de la fusillade au siège du journal Charlie Hebdo et dénoncé cette attaque à la liberté de la presse, à la liberté tout court. Un peu avant, la maire de Louvroil revenait sur cette attaque à la démocratie. La maire a également mis en garde contre toute récupération politique. « Certains vont profiter cette émotion pour en tirer parti. Attention à ne pas faire d’amalgame ».

Hautmont : « Barbarie » -

À Hautmont, c’est Ève Daneels, la directrice générale des services, qui a pris la parole peu avant midi. Autour d’elle, massés dans l’entrée du centre culturel, une majorité d’agents municipaux et d’employés de la ville. Tous rassemblés pour faire silence. Une minute. Rendre hommage. « La barbarie. Elle touche la liberté d’expression, élément fondamental de notre société, a martelé Ève Daneels. Cette société, constituée de diversités de toutes sortes, doit travailler sans cesse à la construction de la paix et de la fraternité. La barbarie ainsi exprimée dans cet assassinat nous blesse tous. Dans cette situation où la colère peut nous envahir, nous devons plus que jamais redoubler d’attention à la liberté, à la fraternité. Nous sommes réunis pour marquer une minute de silence aux victimes du terrible et lâche attentat terroriste perpétré contre le journal Charlie Hebdo, où douze personnes, dont deux policiers, ont perdu la vie. En ce moment douloureux, où se mêlent tristesse et indignation, nos pensées vont en priorité aux familles des victimes, aux victimes, et aux blessés. »

Maubeuge : un silence digne -

Autour de midi, environ 350 personnes se sont rassemblées devant le parvis de l’hôtel de ville. Le député Rémi Pauvros était présent, ainsi que l’ancien maire de Maubeuge Alain Carpentier. La caserne des sapeurs pompiers de Maubeuge ainsi que la police municipale se sont associés à l’hommage rendu aux victimes. D’une courte déclaration, Arnaud Decagny, maire, a précédé la minute de silence. Plus que les mots prononcés par l’élu, ce sont les mines baissées, dignes et respectueuses qui ont caractérisé ce moment de recueillement. Tous se sont donné rendez-vous samedi, 10 h 30, place Vauban, pour un rassemblement silencieux.