Texte lu par Monsieur Daniel KOENIG, Président de l’Amicale des Anciens Combattants de Jeumont, lors de la cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 :

Capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, le conflit le plus sanglant de l’Histoire.

C’est en Europe que l’on compte le plus grand nombre de victimes. En tout, plus de 50 millions de personnes ont été tuées, soit six fois plus qu’en14-18. La moitié des morts sont des civils. En France, on estime à 600.000 le nombre de victimes, en Grande Bretagne 400.000 dont 60.000 civils et pour les États-Unis, 300.000 tous des militaires. Mais c’est en Europe Orientale, là où les opérations militaires ont été plus longues et où, surtout, les nazis ont cherché à exterminer des populations entières, que les pertes sont les plus importantes. En URSS, on dénombre 20 millions de morts, en Pologne comme en Allemagne, 6 millions. L’URSS et l’Allemagne ont perdu chacune le dixième de leur population. La Pologne, le quart.

Les bombardements aériens des villes, les combats entre résistants et forces d’occupation, les représailles et les génocides raciaux ou politiques expliquent cette hécatombe de populations civiles.

Les Européens sont traumatisés par les privations et les exodes répétés qu’ils ont eu à subir durant ces longues années.

On estime à 30 millions le nombre de personnes déplacées pour des règlements de statuts territoriaux ou tout simplement par fuite face à l’ennemi.

Dans certains pays, la guerre a exacerbé de vieilles rancœurs et suscité des tensions internes qui ont perduré jusqu’à nos jours, C’est particulièrement vrai aujourd’hui pour la Yougoslavie. Quant au choc moral, il est immense. Les horreurs de la guerre que l’on commence à découvrir en 1945 ( génocides, tortures…) mais aussi l’apparition d’armes nouvelles et terrifiantes (bombe atomique) suscitent une profonde angoisse. Jamais une guerre n’a bafoué si ouvertement la morale la plus élémentaire. Les nazis ont fait du système concentrationnaire une arme dévastatrice, tant au plan physique que mental. On commence à s’interroger sur le problème de la « faute ». À qui incombe-t-elle ?

Le procès de Nuremberg met en évidence la complexité du problème. Sartre et Camus notamment, ont très bien rendu dans leurs écrits : « la vie humaine commence de l’autre côté du désespoir ».

L’historien René Grousset a le mieux illustré ce nouvel état d’esprit : « l’homme, dit-il, est désormais sans illusion sur le fauve qui dormait en lui ».

Merci pour votre attention.

Vive la France.

Daniel KOENIG
Président de l’Amicale des Anciens Combattants de Jeumont.   
         

8 mai