Discours de Monsieur Daniel Koenig, ce samedi 3 septembre 2016 -

LIBÉRATION de JEUMONT :

«Enfin libres»

Mais des lendemains difficiles …

Après la libération, un souffle de joie, dont les bourrasques ont parfois l’amplitude d’un vent de folie, traverse le Nord-Pas-de-Calais. À l’angoisse, au désespoir des années noires, succédaient la joie et l’espoir. Hélas, une fois les Alliés passés, les drapeaux remisés, la triste réalité allait reprendre le dessus, la misère n’avait pas disparu.

Les usines chôment quand tout manque …

Des bombardements, le Nord et le Pas-de-Calais sortent exsangues. En septembre 1944, pour le Nord, 134.000 immeubles sont détruits et 120.000 pour le Pas-de-Calais. Le réseau ferroviaire est «haché-menu», les gares sont hors d’usage, les canaux obstrués. Le bassin minier libéré, l’exploitation charbonnière reprend, mais ce combustible n’arrive pas jusqu’aux usines et les stocks s’accumulent sur le carreau des mines.

Au début de 1945, la région est anémiée, en janvier 1945, 72 trains de houille sont en attente dans les gares minières faute de locomotives, les usines sidérurgiques tournent au ralenti ; elles ne produisent que 20.000 tonnes d’acier par mois contre 100.000 en 1939. Cette crise de la production entraîne une grave crise de l’emploi. La région est à reconstruire, mais les matériaux manquent.

Le Nord à faim, l’agriculture n’est pas en meilleur état …

Dans sa fuite, l’ennemi s’est emparé des chevaux ; les engins agricoles ne peuvent pas tourner faute de carburant, de lubrifiant… La terre, elle-même, porte encore les stigmates de la bataille ; les champs sont à déminer.

Les mois passent et la situation ne s’améliore guère, en janvier 1945, La Voix du Nord rapporte que le prix du kilo de pommes a augmenté de 200% depuis novembre 1944 ! Le lait, les matières grasses sont rares, la viande a pratiquement disparu des grandes agglomérations.

Le chef du gouvernement note dans ses mémoires en parlant des Lillois : «Trop de visages dont le sourire n’effaçait ni la pâleur ni la maigreur».

 

Voilà Mesdames et Messieurs en quelques lignes la dure réalité de l’après libération.

Mais la France jusqu’à aujourd’hui se relève toujours.

Vive la Liberté.

Vive la France.

 

Daniel Koenig

Président de l’Amicale des Anciens Combattants de Jeumont.